La masturbation féminine reste, encore aujourd’hui, un sujet tabou pour beaucoup. Pourtant, c’est une merveilleuse manière de découvrir son corps, d’apprendre ce qui nous fait frissonner, vibrer et, parfois, atteindre des orgasmes profonds.
Parmi les pratiques les plus accessibles et sensuelles : le doigtage vaginal, ou « se doigter ». Pratiqué en solo, il permet de se reconnecter à ses sensations, d’explorer son plaisir intime et même d’améliorer ses rapports à deux.
Mais comment bien s’y prendre ? Quels sont les gestes qui font toute la différence ? On vous dit tout, sans tabous.
✅ Pourquoi se doigter ?
Se doigter n’est pas seulement un moyen de se donner du plaisir. C’est aussi un excellent outil pour…
- Mieux connaître son anatomie
- Stimuler différentes zones érogènes, comme le point G ou les parois vaginales internes
- Se détendre et favoriser un sommeil réparateur grâce aux endorphines libérées lors de l’orgasme
- Décomplexer son rapport au corps, sans pression ni performance
En prime, une étude publiée dans le Journal of Sex Research souligne que la masturbation régulière contribue à améliorer l’image de soi et la santé mentale .
👇 Préparer le terrain : détente et hygiène avant tout
Avant de se lancer, prenez un moment pour vous mettre dans une ambiance propice :
1. L’hygiène
- Lavez-vous les mains soigneusement.
- Un ongle cassé ou trop long peut irriter la muqueuse vaginale. Pensez à couper et limer vos ongles.
- Vos parties intimes ne nécessitent pas de toilette agressive : un peu d’eau claire suffit.
2. Créer une ambiance détendue
- Laissez-vous guider par votre imagination ou quelques fantasmes.
- Allumez une bougie douce, mettez une playlist sensuelle, et isolez-vous pour vous reconnecter à votre corps.
👌 Les gestes clés pour se doigter avec plaisir
1. Commencez à l’extérieur : la zone clitoridienne
Avant toute pénétration, prenez le temps de stimuler votre clitoris, cette zone hyper-innervée qui contient plus de 8 000 terminaisons nerveuses .
- Utilisez la pulpe de vos doigts pour de légers cercles autour du capuchon clitoridien.
- Testez différentes pressions, vitesses et mouvements (de haut en bas, circulaires, en va-et-vient…).
- L’usage d’un lubrifiant à base d’eau peut rendre la sensation encore plus agréable.
💡 Astuce : certaines femmes atteignent l’orgasme sans pénétration, uniquement via la stimulation clitoridienne. Ne vous imposez rien.
2. L’entrée du vagin : y aller doucement
Après l’excitation progressive, vous pouvez explorer l’entrée du vagin doucement :
- Commencez avec un doigt (l’annulaire ou le majeur, selon votre confort).
- Effectuez un mouvement de va-et-vient lent, sans viser l’orgasme immédiatement.
- Écoutez votre corps, respirez profondément, relâchez les muscles du périnée.
3. Le point G : une zone à découvrir !
Située à 3 à 5 cm à l’intérieur de la paroi avant du vagin, cette zone dite du point G (ou plus précisément zone érogène Para-urétrale) peut déclencher des orgasmes différents.
- Introduisez un doigt courbé (en forme de « viens ici ») vers le haut.
- Appuyez légèrement sur une zone plus ferme ou granuleuse.
- Alternez pressions et caresses selon ce que vous ressentez.
👩⚕️ Selon certaines études, environ 10 à 40% des femmes rapportent avoir déjà stimulé leur point G avec succès lors de la masturbation .
4. Alterner les stimulations : clitoris + vaginal = combo gagnant
Pour de nombreuses femmes, c’est la stimulation combinée du vagin et du clitoris qui provoque l’orgasme le plus intense. N’hésitez pas à :
- Utiliser une main sur le clitoris pendant que l’autre pénètre en douceur
- Explorer différents rythmes ou intensifier le jeu quand le plaisir monte
🧴 Faut-il utiliser du lubrifiant ?
La sécrétion vaginale naturelle peut suffire, mais parfois, un bon lubrifiant (à base d’eau ou d’aloe vera) rend les gestes plus confortables et plus fluides.
👉 Évitez les lubrifiants à base de silicone si vous utilisez des sextoys en silicone (risque d’endommagement).
🧠 Et mentalement, on fait comment ?
- Lâchez prise : oubliez la performance, ne « cherchez pas l’orgasme ».
- Fermez les yeux, imaginez des scènes ou sensations excitantes.
- Ralentissez quand vous sentez le plaisir monter, puis recommencez : c’est la clé du “slow orgasm”.
🔄 Se doigter régulièrement : plus qu’un plaisir, une exploration continue
Chaque session est différente et c’est ce qui rend la masturbation féminine si riche :
- Votre corps change selon vos hormones, votre humeur, votre cycle.
- Ce qui vous plaît un jour peut varier le lendemain.
- C’est un moyen fabuleux de développer la confiance sexuelle et mieux communiquer ses désirs à son/sa partenaire.
📝 Conclusion
La pratique du doigtage en solo n’est ni honteuse ni réservée à une élite sexuelle. C’est un droit, une liberté, une activité intime aussi puissante qu’enrichissante. Prenez votre temps, suivez vos sensations, et surtout : faites-vous confiance. Votre corps sait.
📚 Sources et études
Levin, R.J. (2007). « Sexual activity, health and well-being—the beneficial aspects of sexual expression. » Sexual and Relationship Therapy.
Brody, S., & Costa, R.M. (2009). « Affective consequences of sexual activity with different partner types and masturbation in individuals of differing relationship status. » Journal of Sex Research.
O’Connell, H.E. et al. (2005). « Anatomy of the clitoris. » Journal of Urology.
Salama, N. et al. (2011). « Does the female G-spot exist? A review. » Journal of Sexual Medicine.