Cette pratique sexuelle banalisée expose à de graves risques cérébraux

L’étranglement érotique, connu sous le nom de « choking », s’est imposé comme une pratique sexuelle courante chez les jeunes générations. Pourtant, derrière cette tendance apparemment anodine se cachent des risques neurologiques majeurs que la communauté médicale commence à peine à documenter.

Une pratique en pleine expansion

Les statistiques révèlent l’ampleur préoccupante de ce phénomène. Selon une étude australienne récente, 57% des jeunes de 18 à 35 ans ont déjà été étranglés par un partenaire lors d’un rapport sexuel, tandis que 51% ont pratiqué eux-mêmes l’étranglement. En France, une enquête américaine publiée dans le Journal of Sexual Medicine indique que 21% des femmes ont déjà été étranglées pendant un acte sexuel, contre 11% des hommes.

Cette banalisation de la strangulation sexuelle trouve son origine principalement dans l’influence de la pornographie. 61% des répondants déclarent avoir découvert cette pratique via des contenus pornographiques, devant les films grand public (40%) et les réseaux sociaux (31%). L’industrie pornographique a ainsi contribué à normaliser un comportement potentiellement mortel, transformant un acte dangereux en fantasme sexuel courant.

Des conséquences neurologiques alarmantes

La strangulation sexuelle n’est pas qu’une pratique érotique inoffensive. Elle provoque des lésions cérébrales documentées par plusieurs études scientifiques récentes. Une recherche publiée dans le Journal of Sexual Medicine a mis en évidence des marqueurs biologiques de lésions cérébrales chez des femmes étranglées de manière répétée pendant des rapports sexuels.

L’hypoxie cérébrale causée par la compression du cou déclenche une cascade de dommages neurologiques. Même une pression minime sur les artères carotides peut suffire à provoquer une perte de conscience en quelques secondes. Plus grave encore, la privation d’oxygène suivie d’une reperfusion génère des radicaux libres qui endommagent irrémédiablement les tissus cérébraux.

Les conséquences neuropsychologiques identifiées incluent :

  • Pertes de mémoire et troubles de la concentration.
  • Troubles de la parole et modifications de la voix.
  • Paralysie partielle et troubles moteurs.
  • Troubles dissociatifs et anxiété persistante.
  • Dépression et vulnérabilité psychologique accrue.

Une seconde cause d’AVC chez les jeunes femmes

L’information la plus alarmante concerne le lien entre strangulation sexuelle et accidents vasculaires cérébraux. Selon les données britanniques rapportées par The Guardian, cette pratique est désormais considérée comme la deuxième cause d’AVC chez les femmes de moins de 40 ans. Cette statistique révèle l’ampleur des dégâts vasculaires causés par une pratique longtemps minimisée.

Les lésions artérielles provoquées par la compression du cou peuvent entraîner :

  • Formation de caillots sanguins migrant vers le cerveau.
  • Dissection des artères carotides ou vertébrales.
  • Hémorragies cérébrales par rupture vasculaire.
  • Ischémie cérébrale par obstruction artérielle.

L’illusion de la sécurité

De nombreux pratiquants croient à tort qu’il existe une méthode sûre pour réaliser la strangulation sexuelle. Cette fausse impression de sécurité constitue l’un des principaux dangers de cette pratique. Les études montrent que même une faible pression sur les carotides peut être fatale.

Comme l’explique la psychologue Jane Meyrick, il n’existe aucune façon sûre de priver le cerveau d’oxygène ou de sang pour le plaisir. Cette réalité médicale contredit les idées reçues véhiculées par la pornographie et les réseaux sociaux.

Des séquelles souvent invisibles

L’un des aspects les plus pernicieux de la strangulation sexuelle réside dans le fait qu’elle peut causer des blessures sans laisser de traces visibles. Les conséquences négatives ne se manifestent parfois qu’après des semaines ou des mois, rendant difficile l’établissement d’un lien de causalité.

Une étude neurologique récente a révélé des modifications de l’activité cérébrale chez des femmes pratiquant régulièrement la strangulation sexuelle. Ces altérations neurophysiologiques incluent un déséquilibre interhémisphérique et une hyperconnectivité entre certaines régions cérébrales, suggérant des dommages structurels progressifs.

Un enjeu de santé publique

Face à cette épidémie silencieuse, la communauté médicale appelle à une prise de conscience urgente. Les professionnels de santé doivent être formés pour reconnaître les signes de strangulation et leurs complications neurologiques tardives.

L’éducation sexuelle doit également évoluer pour intégrer ces nouvelles réalités. Il ne s’agit plus seulement d’informer sur les infections sexuellement transmissibles ou les grossesses non désirées, mais aussi sur les risques neurologiques de certaines pratiques banalisées par l’industrie pornographique.

La nécessité d’une prévention adaptée

Le défi consiste à informer sans moraliser, comme le soulignent les experts. L’objectif n’est pas de diaboliser la sexualité, mais de permettre aux jeunes de faire des choix éclairés en connaissant les risques réels de certaines pratiques.

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, envisagent d’interdire les contenus pornographiques montrant des scènes de strangulation, même consenties. Cette approche réglementaire vise à briser le cercle vicieux qui transforme la violence sexuelle en norme sociale.

Conclusion

La strangulation sexuelle illustre parfaitement comment l’influence de l’industrie pornographique peut transformer une pratique dangereuse en tendance sexuelle mainstream. Les conséquences neurologiques documentées par la recherche médicale ne laissent aucun doute sur la gravité des risques encourus.

Face à cette urgence sanitaire, une mobilisation coordonnée s’impose. Elle doit associer professionnels de santé, éducateurs et décideurs politiques pour protéger les jeunes générations des dégâts cérébraux causés par cette pratique banalisée. Car derrière l’apparente liberté sexuelle se cache une réalité médicale implacable : le cerveau ne pardonne pas.

Sources :

Conte, I., Sharman, L.S. & Douglas, H. Choking/Strangulation During Sex: Understanding and Negotiating “Safety” Among 18-35 Year Old Australians. Arch Sex Behav 54, 483–494 (2025). https://doi.org/10.1007/s10508-025-03097-3

Sharman, L.S., Fitzgerald, R. & Douglas, H. Prevalence of Sexual Strangulation/Choking Among Australian 18–35 Year-Olds. Arch Sex Behav 54, 465–480 (2025). https://doi.org/10.1007/s10508-024-02937-y